Stavkirke ou Eglise en Bois Debout

Les églises en bois debout sont des églises médiévale en bois typique de la Norvège. La plupart des églises en bois debout sont construites entre 1150 et 1350 mais beaucoup disparaissent vers 1700. On a répertorié environ 1300 églises médiévales, 28 ont été sauvegardées en Norvège, dont deux déplacées à Bergen et Oslo. En dehors de la Norvège, la stavkirke de Hedared (suede) et l'église de Greenplace (dans le Sussex en Angleterre) sont toujours debout.
Elles datent du début de l’aire chrétienne en Norvège. Leur structure constitue un des types les plus élaboré et les plus techniquement avancé de construction en bois qu'ait connu le Nord-Ouest de l'Europe au Moyen Âge.Elles sont un mélange compliqué de différentes traditions européenne et du Moyen-Orient ainsi que des anciennes pratiques locale de la Norvège. En Europe, l'architecture de pierre prévaut dans les constructions religieuses. La Norvège fait exception, la topographie ne facilite pas la communication, les lieux de culte sont donc nombreux et dispersés.
Les charpentiers et sculpteurs de terre et de marine ont associés leurs expériences et savoir faire pour réaliser des bâtiments élevés capables de résister aux tempêtes. Ils utilisent un élément essentiel de la construction navale le "KNE" ou coude qui est une découpe du bois en biais, qui reprend les efforts horizontaux et verticaux dans les assemblages. La construction en bois debout connaît trois étapes d'évolution. La première est une palissade composée de poteaux juxtaposés et plantés en terre dont il reste un exemple: une partie de l'église de Greensted en Angleterre datée vers 1053. Dans la deuxième, les poteaux d'angles sont plantés en terre mais reliés par une poutre sablière qui isole du sol les poteaux ou planches épaisses de remplissage de la paroi. Enfin la structure entière est au-dessus du sol, sur un socle de pierre, les poteaux d'angles sont reliés par des poutres hautes et bases formant un cadre garni de planches juxtaposées. Les efforts horizontaux ne sont plus repris par l'ancrage des poteau

On peut regrouper les églises en bois debout sous deux types A et B qui ont une origine commune à l'Europe occidentale. La construction de bois posée sur un socle de pierre semble abandonnée partout sauf en Norvège.

Le type A regroupe les églises de petites tailles et de faible hauteur y compris celles avec un seul mat central. La petite stavkirke de Haltdalen peut être considérée comme le prototype des églises en bois debout du type A. Elle reprend le plan des églises en pierre avec une nef de 6 m de longueur x 5 m de largeur et un chœur un peu moins grand de 3,5 m de longueur x 3 m de largeur. Les murs de la nef et du chœur sont de la même hauteur. Le squelette des murs extérieurs est fait d'une semelle trapézoïdale et de poteaux d'angles de section circulaire dont les bases sphériques maintiennent solidement en place l'intersection des semelles. Les poutres sablières sont de formes compliquées pour supporter les chevrons qui sont reliées par des arches formées de corbeaux 1/4 de rond contribuant à la stabilité du bâtiment. La construction combine la résilience et la résistance en protégeant les parties exposées à l'humidité et à la pourriture.

Dans le type B les églises sont plus grandes. La nef est soutenue par quatre à vingt mats et on introduit un système de stabilisation indispensable à la survie du bâtiment. Une construction de cette hauteur est exposée aux vents violents, la stabilité du bâtiment est précaire même muni d'une charpente de comble élaborée. Il faut donc avoir recours à certaines techniques de la construction navale comme le "Kne" ou coude joignant les chevrons et les assises. Pour résister aux tempêtes, il reste certains éléments de renfort de toit à mi-hauteur des mats. En les liant les uns aux autres, sur tout le périmètre de la construction, on obtient un rigidité suffisante pour résister aux vents les plus forts. La caractéristique des églises du type B, avec centre surélevé, est la présence d'une galerie périphériques contrairement aux seuls bas-coté et au déambulatoire d'une église de type basilical.Sur une fondation en pierre est posé un cadre rigide fait de solives qui dépassent, aux quatre coins, d'un à deux mètre supportant les murs de la galerie. Les mats centraux portent le toit et les efforts horizontaux sont repris à mi-hauteur par cette structure. Un grand principe qui se dégage de ces constructions est l'emploi de cadres rectangulaires horizontaux ou verticaux, qui sont assemblés de façon à former une structure cubique dont les différents éléments s'étayent les uns les autres. Un grand soin est apporté dans la protection de la partie inférieure de l'édifice. Les solives se trouvent surélevées grâce aux pierres de fondement et les sablières basses des murs sont supportées par les extrémités saillantes des solives. Des petits trous dans les sablières basses servent de drains à la rainure des panneaux du mur.De meme on trouve des trous analogues, dans les sablières hautes et les entretoises des parties supérieures de l'édifice.En outre, les sablières hautes débordent des panneaux du mur de façon à empêcher la pluie et la neige tombant du toit de pénétrer dans le bâtiment.

Les églises en bois debout sont construites dans une période de transition entre le paganisme et le christianisme et même si la nouvelle loi religieuse a détourné de nombreux symboles païens, on retrouve des divinités, des personnes, des objets et des histoires mythologiques ancestrales dans la sculptures de ces églises.
Les pignons des toitures sont des points importants pour éviter l'action des démons et des catastrophes. On y trouve la répétition de croix et d'images de dragons. La croix représente probablement plus une défense contre les esprits de la nature qu'un symbole de la nouvelle religion.Les têtes de dragons stylisées rappellent les navires vikings et sont liées à la direction Est-Ouest, le lever et le coucher du soleil. Le dragon est considéré comme un démon qui ne peut être apprivoisé que par sa propre image. La sculpture du dragon sur les navires vikings est également un acte magique, qui transforme le navire en un objet-monstre le protégeant des ennemis. Les sculptures sur les mats ou poteaux et les portails ont également une fonction de protection contre ceux ci. La face Nord des églises est particulièrement exposé aux vieilles croyances des esprits de la nuit et est spécialement protégé. C'est aussi la raison pour laquelle les portes et les fenêtres sont absente de ce coté. Dans beaucoup d'église on voit un seuil rehaussé, c'est un seuil-fantôme pour éviter que les esprits de la nature ne pénètrent dans l'édifice.
En général les églises ont trois entrées, la principale à l'ouest pour les paroissiens, une secondaire au Sud et l'accès du prêtre dans le chœur. Les portails sont étroits et d'une hauteur d'environ 4 mètres, rectangulaires ou en plein cintre, à piédroits, à simple colonne ou à encadrements décorés avec des décors païens. Les drames sculptés sur les panneaux peuvent être interprétés comme le combat du bien contre le mal qui est commun aux deux religions. Les combats de dragons sont tolérés tant qu'ils ne se trouvent pas à l'intérieur de l’église. Dans l'évolution de la décoration murale le végétal fait disparaître l'animal et la feuille d'acanthe finie par s'imposer.
La période 1130-1150 est significative d'un brassage d'influence à travers l'Europe du Nord-Est. On trouve un même sculpteur ou un même atelier à la cathédrale de Lincoln et à la cathédrale de Trondheim, une sculpture de type scandinave à l'église de Martinvast, en Normandie et à l'église de Kilpeck en Angleterre, des parentés formelles entre les portails des stavkirker et ceux de la cathédrale d'Ely.
Les chapiteaux cylindriques sont mieux adaptés aux contraintes du matériau. Ils sont reliés par des arcs en bois peint en noir ou goudronnés pour disparaître visuellement ce qui est typique du Moyen Âge norvégien. On trouve aussi des masques sculptés sur les mats. Les baldaquins sont des vestiges lithurgiques abandonnés au Moyen Âge et qui restent uniquement en Norvège. C'est une construction qui prétend être une copie de la voûte gothique avec des couleurs exagérées à cause de l'intérieur sombre des églises. Ces couleurs et les forment géométriques rappellent le décor des vitraux gothiques. Il reste peu de baldaquins, celui de la stavkirke de Hopperstad a été très endommagé au XIXe siècle et est plus connu pour ses sculptures que ses peintures recréant les scènes de la vie du Christ.

EGLISES VISITÉES


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HOPPERSTAD
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RØLDAL
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FANTOFT
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KAUPANGER
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HEGGE
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HØRE
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ØYE
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BORGUND
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REINLI
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GARMO
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SOLIA
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KVERNES
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LOMEN
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RINGEBU
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RODVEN
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